Dwight Yoakam - Jackson Tyler

 

Star de la country, Dwight Yoakam mène de front carrière musicale et cinématographique : acteur et réalisateur, il a notamment partagé l'affiche de Sling Blade avec Billy Bob Thornton en 1996. On l'a revu depuis dans Panic Room, Serial Noceurs et Trois Enterrements.

Pour le chanteur de country que vous êtes, le western semble être un genre évident …
Je n'en suis pas si sûr … peut-être parce que les gens me connaissent avec la panoplie du parfait cow-boy, j'ai justement choisi, au début de ma carrière, des rôles très éloignés du western. Je ne suis d'ailleurs apparu dans aucun film du genre avant d'en réaliser un moi-même : South of Heaven, West of Hell, sorti en 2000.

Quel plaisir avez-vous pris à interpréter le parfait « bad guy » ? Aviez-vous une référence en tête ?
J'ai trouvé que c'était une opportunité géniale de jouer un type aussi vicieux et j'avais un modèle évident en tête : le personnage qu'interprète John Lodge dans le classique de Josef von Sternberg, L'Impératrice rouge, qu'il a réalisé en 1934. J'ai consciemment rendu hommage au Comte qu'il joue aux côtés de Marlène Dietrich et avec un peu de chance, cela offre au public un petit degré de fascination supplémentaire au moment où il découvre Jackson.

Vous faites toujours très attention au look de vos personnages : comment avez-vous choisi celui de Jackson ?
J'ai toujours été intéressé par la façon dont les gens se présentent au travers de leur look dans la mesure où cela reflète, selon moi, la façon dont ils se perçoivent au fond d'eux-mêmes. Jackson est un personnage particulièrement vicieux, mais aussi très vaniteux, presque « précieux ». Cela prouve à mon avis une certaine vulnérabilité qui le rend humain et qui en fait un « méchant » moins manichéen. J'ai donc trouvé particulièrement amusant le côté baroque de son look et de son comportement.

Vous avez dû faire pas mal de jaloux avec un tel duo d'actrices ….
Effectivement, et je continue de mon côté à essayer de rendre Salma et Penélope jalouses puisqu'elles n'ont plus la chance de partager mon quotidien ! Je plaisante, mais évidemment, il n'a jamais été difficile d'aller au boulot sur Bandidas : la stimulation était constante ! Ceci dit, j'insiste sur le fait que j'ai pris autant de plaisir à travailler avec elle d'un point de vue émotionnel…

Vous avez aussi tourné dans Trois enterrements, de Tommy Lee Jones : vous sentez-vous particulièrement proche de la culture mexicaine ?
Depuis que j'ai fait de la Californie du sud ma deuxième patrie, je suis très attiré par les composantes – physiques et émotionnelles - de la culture hispanique : elle imprègne l'ensemble de l'esthétique de la Californie et des Etats-Unis du sud ouest, depuis l'architecture et le design jusqu'à la nourriture ou le style de vie, en passant par l'expression artistique. Bien que la Californie ait une façon bien à elle d'absorber ces influences, j'ai été immédiatement attiré par le projet de Guillermo Arriaga et Tommy Lee Jones, et particulièrement flatté d'être invité à y participer en tant qu'acteur. Je suis très fier de l'histoire et du film que nous avons portés, guidés par la vision de Tommy Lee Jones. Comme je tournais Bandidas et Trois Enterrements en même temps, j'ai passé du temps, pour la première fois de ma vie, dans plusieurs villes du Mexique, de Durango à Mexico. Et j'ai été fasciné de découvrir les subtiles différences qui existent dans la culture mexicaine entre Mexico et la frontière avec les Etats-Unis.