Penelope Cruz
Révélée par Jose Juan Bigas Luna dans Jambon Jambon, la belle Espagnole ne tarde pas à être repérée par Hollywood, qui lui offre de reprendre son rôle dans le remake d'Ouvre les yeux (signé Alejandro Amenabar), devenu Vanilla Sky. Penélope Cruz enchaîne aux Etats-Unis avec Gothika, Nous étions libres et Sahara, sans pour autant renoncer aux films d'auteur : six ans après un rôle de nonne inoubliable dans Tout sur ma mère, elle sera à l'affiche de Volver, le nouveau Pedro Almodovar. Bandidas lui permet de retrouver Luc Besson, en tant que scénariste et producteur : il l'était pour Fanfan la Tulipe avant de distribuer A corps perdus, dans lequel elle jouait aux côtés de Sergio Castellito, également réalisateur du film.
ET QUAND SALMA INTERVIEWE PENÉLOPE…
Te rappelles-tu la première fois que nous avons parlé de ce film ? Je m'en souviens très bien : cela faisait tellement longtemps que nous voulions tourner ensemble… J'avais profité d'un petit-déjeuner avec Luc Besson pendant le tournage de Fanfan pour lui proposer de produire un film dans lequel nous jouerions toutes les deux. Il avait adoré l'idée et m'avait dit qu'il nous enverrait un scénario dans les trois mois suivants … et c'est exactement ce qu'il a fait ! Je me rappelle que tu étais très excitée par le projet quand je t'ai appelée pour t'annoncer la nouvelle et que nous étions encore plus excitées quand nous avons lu le scénario : dès la première ébauche, nous avons tout de suite vu qu'il y avait un film très drôle à faire ensemble ! Il faut dire que cela faisait un moment que l'on attendait ça …Oui, je me rappelle encore le jour où tu es venue me chercher à l'aéroport de Los Angeles il y a huit ans… Tu as été adorable avec moi : je ne connaissais pas grand monde à L.A à l'époque et c'était formidable de t'avoir comme amie alors que ma famille et mes proches étaient si loin.Tu avais déjà travaillé avec Luc Besson: qu'a-t-il mis de toi dans le personnage de Maria ? Je dirais la fougue du personnage, son fort caractère, ce qui ne veut pas dire qu'il m'ait déjà vue en colère ! Je crois que Luc me connaît bien, il y a forcément des points communs entre Maria et moi, mais je ne me pose jamais la question en ces termes au moment de jouer un personnage : je crois qu'il s'agit plutôt de comprendre ses motivations.Quels étaient tes westerns préférés avant de faire le film ? Tous ceux réalisés par Sergio Leone, et une partie des Clint Eastwood. En tant que femme, je suis particulièrement attachée à Viva Maria : c'est l'un des rares westerns tournés pour des femmes et Jeanne Moreau et Brigitte Bardot y sont incroyables !Quel est ton pire souvenir de notre entraînement? Je dirais certaines scènes tournées avec les chevaux même si je sais bien monter et que j'avais déjà fait des films d'époque. Mais il est arrivé qu'on nous demande de galoper à une allure très rapide, pour ne pas dire terrifiante. Je me rappelle notamment une grosse frayeur le dernier jour de tournage : nous avons pris de vrais risques sur ce tournage, nous avons fait la plupart de nos cascades nous-mêmes et c'est bien nous que les gens voient à l'écran ! En parlant de risques, tu t'es bien défendue dans l'église …C'était assez drôle de me battre avec toi pour le film mais dans la vie, je ne pense pas avoir un jour à en arriver aux mains. Je n'ai pas l'habitude de me battre, ce n'est pas ma façon de régler mes problèmes… Quelle est la scène que tu as pris le plus de plaisir à tourner? Toutes les scènes d'entraînement avec Sam (Shepard) : c'est un vrai lion ! Comme j'adore son travail en tant qu'acteur et scénariste, c'était génial de pouvoir passer du temps avec lui au beau milieu du désert, à lui demander de nous raconter sa vie. C'est quelqu'un d'une grande douceur et d'une intelligence particulièrement stimulante !Tu ne cites pas notre grande scène de baiser dans le saloon ? Evidemment, c'était une telle journée de fous rires ! D'autant qu'à force de passer l'année à tourner avec Steve (Zahn), d'abord pour Sahara et ensuite Bandidas, j'ai fini par bien le connaître. C'est l'une des personnes les plus drôles que j'aie rencontrées, et un acteur doté d'une qualité comique incroyable, ce qui est vraiment difficile à trouver. En tant qu'ami, c'est quelqu'un de très intègre, de très fiable : il a de vraies valeurs. Tu viens de finir le nouveau film de Pedro Almodovar : c'est important pour toi de continuer à tourner en Espagne ? Très important, et pas seulement en Espagne mais dans toute l'Europe. Je veux pouvoir continuer à combiner ces tournages avec mon travail aux Etats-Unis, même si je ne crois pas qu'il y ait une vraie différence dans mon approche d'un rôle selon que je tourne un film à gros budget ou un film d'auteur. Par contre, je tiens à travailler avec des réalisateurs talentueux et l'Europe en est pleine ! Je ne vois pas pourquoi je devrais fermer la porte à certains films pour des questions de nationalité, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'apprends autant de langues. Cela me demande beaucoup d'efforts supplémentaires mais c'est ce que j'adore dans ce métier.