Salma Hajek
Révélée par la télévision mexicaine, Salma Hayek tente sa chance aux Etats-Unis dès le début des années 90. Elle y rencontre Robert Rodriguez qui lui offre son premier rôle marquant avec Desperado et surtout Une nuit en enfer dans une sulfureuse scène restée dans toutes les mémoires… Réalisatrice d'un long métrage, Salma Hayek gagne sa première nomination aux Oscars avec le rôle de Frida Kahlo dans le film de Julie Taymor, Frida, pour lequel elle fait ses débuts de productrice. On l'a également vue dans Traffic de Steven Soderbergh, Time Code de Mike Figgis ou Coup d'éclat de Brett Ratner. Elle était membre du jury officiel du dernier Festival de Cannes, présidé par Emir Kusturica. QUAND PENÉLOPE INTERVIEWE SALMA…Quel souvenir gardes-tu de notre première rencontre ? J'avais été frappée par ce que tu dégageais dans Jamon Jamon, ton premier film - il y a quelque chose de très pur, de très angélique en toi - et à chaque fois qu'un journaliste me demandait avec qui j'aimerais tourner, je répondais « Penélope Cruz » : même ton père avait fini par le lire ! On a failli se rencontrer plusieurs fois - nous avions pas mal d'amis en commun - mais on finissait toujours par se rater. Jusqu'à ce que tu viennes à Los Angeles, que tu trouves mon numéro de téléphone, que nous allions boire un café … et que nous devenions immédiatement amies ! Je me rappelle cette incroyable alchimie entre nous deux, et les huit années d'amitié qui ont suivi. Mais je me souviens aussi que nous voulions travailler ensemble avant même de nous connaître personnellement et que grâce à toi, nous avons fini par faire ce western avec Luc Besson : encore un ami en commun !Qu'as-tu pensé du scénario la première fois que tu l'as lu ? L'humour du scénario m'a beaucoup plu, Luc Besson a été très généreux avec nous et il m'a vraiment impressionné : à Hollywood, quand quelqu'un évoque un projet, cela peut déboucher sur des années de parlotte et le plus souvent cela ne donne jamais rien de concret; avec Luc, en trois mois nous avons eu le scénario et il était prêt à lancer le tournage ! Il nous a vraiment prises par surprise : je n'avais jamais travaillé avec quelqu'un qui dit qu'il va faire un film et qui le fait immédiatement ! Tu avais l'air particulièrement heureuse de tourner ce film chez toi, au Mexique …Oh oui, d'autant plus que je connaissais quasiment toute l'équipe avec laquelle nous avons travaillé : certains étaient même devenus des amis après dix ans passés à tourner ou produire des films avec eux. C'était un vrai bonheur d'être « à la maison » et de parler ma langue !Tu avais déjà tourné dans Desperado et Wild Wild West : es-tu particulièrement fan du genre western ? Ce n'était pas mon idée de tourner un western, plutôt la tienne ! Je suis fan de western, oui, mais ce n'est pas non plus mon genre de prédilection : c'est un peu par hasard que j'en ai fait plusieurs. Quelle est ta scène préférée dans le film ? Il y en a plusieurs, notamment l'entraînement avec Sam Shepard. Mais c'était un tournage difficile, fatiguant, on mettait un temps fou à entrer et sortir de ces costumes, on tournait au milieu de nulle part… à force, on aurait pu finir par se taper sur les nerfs et c'est l'inverse qui s'est produit. Il n'y a pas eu un seul moment qui ne soit pas marqué par la joie et l'amitié : voilà mon meilleur souvenir du tournage, cette alchimie qu'il y a eu entre nous, qui existait déjà à la ville et qui, je crois, transparaît vraiment à l'écran !De quoi as-tu le plus souffert : l'entraînement ou le corset ? Les deux !Et d'où te vient cette incroyable technique en matière de baiser ? C'est un talent avec lequel je suis né …En tant que réalisatrice, as-tu porté une attention particulière aux décisions prises sur le plateau ? Non, je ne crois pas que cela aurait plu aux réalisateurs. Je me suis contentée de passer du bon temps avec toi !Quel souvenir gardes-tu de ton expérience de jurée à Cannes ? C'était incroyable ! Je rêvais depuis toujours de rencontrer Emir Kusturica et tout le monde m'avait mise en garde en me disant « attention, il est grincheux, ceci, cela … » alors que j'ai découvert un génie doublé d'un petit garçon, un homme en tout point adorable. J'ai eu l'immense chance qu'il me prenne sous son aile : il m'a beaucoup appris sur la réalisation, il me posait des questions après chaque film que nous voyions, il me « testait ». C'était un peu comme retourner à l'école… Non seulement j'étais très honorée d'être membre du jury – un autre rêve ! – mais en plus, j'ai eu la chance de le faire avec Emir pour président. Et comme l'ensemble du jury était constitué de personnalités très variées, très riches, cela a été une constante source d'inspiration.